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Turquie

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Les trois grandes métropoles turques hébergent 9 établissements à profil bilingue francophone privés et publics : six à Istanbul, le lycée public de Galatasaray et cinq lycées congréganistes (appelés "saints"). A Izmir, les lycées St Joseph et un des deux lycées de la Fondation Tevfik-Fikret, l’autre, plus ancien et plus important, se trouvant à Ankara.

Ces établissements bénéficient d’une excellente image auprès du public turc et constituent la vitrine de la francophonie active et dynamique de Turquie. Ils représentent le vecteur principal de notre influence, tant par le nombre de cadres et de responsables turcs qui ont été formés en leur sein que par la proportion qu’ils accueillent aujourd’hui des futures élites du pays.

Néanmoins, la terminologie «section bilingue » recouvre une réalité particulière dans ces établissements tant au niveau de la formation que des apprentissages. Ce sont des établissements « à français renforcé - à profil bilingue », avec des sections francophones. En outre, ces lycées bénéficient depuis plus de 10 ans du soutien important - tant financier qu’humain - de l’Ambassade de France dans le cadre du dispositif de coopération, la MICEL. (Mission de coopération éducative et linguistique) en voie de réforme.

Nombre de sections bilingues

Primaire : 2
Secondaire : 29

Année de création des sections bilingues

A partir de 1970.

Nombre total d’élèves

Plus de 9000 (avec les « écoles associées » des lycées congréganistes).

Disciplines enseignées en français

Mathématiques, sciences physiques, chimie, sciences de la vie et de la terre.
Informatique, philosophie, sociologie, latin, éducation physique sont proposées dans certains établissements (Galatasaray, St Michel et St Joseph d’Istanbul).

Reconnaissance par les autorités éducatives

Ces 9 lycées « bilingues » (un établissement public, Galatasaray et 8 privés) suivent les programmes nationaux turcs et ne sont pour les autorités éducatives du pays que des établissements où le français est en partie langue d’enseignement, ce qui ne justifie pas de reconnaissance officielle particulière.

Type d’enseignement proposé (général, professionnel)

Enseignement général.

Dominante de l’enseignement

Scientifique.

Modalité de recrutement des élèves

Les élèves sont recrutés au niveau du lycée sur concours (SBS : examen national après 8 ans d’études) à la fin de l’école fondamentale (primaire et collège). Les études en lycée durent 4 ans ; cependant, la connaissance du français n’étant pas obligatoire, une classe préparatoire est consacrée à l’apprentissage intensif du français (hazırlık).

En outre, des écoles primaires « associées » se sont développées et dispensent un enseignement de plus en plus précoce du français. Leurs élèves sont amenés, par la suite, à intégrer les lycées bilingues après réussite au concours national (SBS).  Seuls les deux établissements de la Fondation Tevfik Fikret dispensent un enseignement du et/ou en français de la maternelle à la fin du lycée ; aussi, ils recrutent peu à l’extérieur contrairement aux autres lycées bilingues.

Volume horaire

Pour la classe préparatoire, volume horaire de français 20 à 24 heures hebdomadaires ;
Au lycée, selon l’année, l’apprentissage du français varie de 5h à 10h et en français (DNL) de 7 à 10 h.

Validation/certification

Le diplôme de fin d’études secondaires est délivré par les autorités éducatives turques mais pour la validation de ce cursus spécifique, l’Ambassade de France peut délivrer aux élèves qui en font la demande une attestation de « compétence linguistique ».

Les élèves issus de ces lycées bilingues sont dispensés du test de niveau linguistique pour entrer dans une université française (ces lycées figurent sur la liste établie conjointement par le MENESR et le MAEE)

Les certifications en langue française type DELF Junior se généralisent avec la mise en place de parcours de certifications obligatoires dans certains établissements (niveau B2 fin de lycée).

Etudes supérieures

Entre 6 et 10 % des élèves suivent des études supérieures en France.

Pour intégrer une université turque, les élèves doivent réussir l’ÖSS (concours national d’entrée à l’université très sélectif). Le taux de réussite moyen à ce concours des élèves issus des lycées « bilingues » est d’environ 90-95 %, et 10 % d’entre eux intègrent l’Université francophone de Galatasaray pour laquelle néanmoins un test de français « interne » est organisé.

Entre 20 % et 40 % intègrent des universités turques privées ou publiques.

Pas d’informations précises sur les filières universitaires privilégiées.

Formation initiale et spécialité des professeurs de DNL

Le vivier de professeurs francophones de disciplines scientifiques est quasiment inexistant et l’enseignement est assuré en grande majorité par des professeurs français. Néanmoins depuis une douzaine d’années, la formation de professeurs turcs de disciplines scientifiques a été mise en place en France, sur financements des services culturels de l’Ambassade de France.

Formation linguistique/pédagogique des professeurs de DNL

La formation linguistique/pédagogique des professeurs de DNL est assurée en France pendant deux ans (actuellement avec le CLA de Besançon / Université de Franche-Comté) et est complétée en Turquie par des formations continues ponctuelles de missions d’experts français venus en "mission". A partir de 2009, la formation des professeurs de DNL ou DSEF et de FLE visant au renforcement des apprentissages en français est la priorité du poste avec l'appui de Strasbourg et du CIEP.

Formation des professeurs de FLE

Natifs, issus des Facultés de pédagogie et de lettres des universités turques, et français titulaires de Master 1 ou 2 de FLE ou professeurs de lettres du MEN. Les professeurs de français suivent des formations organisées par les services culturels de l’Ambassade de France en Turquie et des stages pédagogiques ou linguistiques en France. 

Statut

Les professeurs natifs de ces établissements ont le même statut que leurs collègues des établissements turcs nationaux. Quant aux professeurs français de ces établissements, certains sont recrutés directement par les établissements et doivent justifier vis à vis des autorités éducatives turques des diplômes d’enseignement nécessaires et d’une expérience d’enseignement d’au moins 2 ans ; les autres le sont par l’Ambassade de France via la MICEL.

Rôles professeurs, lecteurs et/ou stagiaires

Cours de français, FLE, DNL, animation des activités péri-scolaires, des concours francophones, des projets éducatifs. Participation aux séminaires.

TICE et réseaux

La grande majorité des établissements « bilingues » disposent de sites Internet ; l’utilisation généralisée des TICE se développe surtout au niveau des activités péri-scolaires en français et tend à se développer en appui aux disciplines scientifiques.

Le lycée Galatasaray d’Istanbul a mis en place depuis 2005 un centre d’auto-apprentissage accompagné (CAA) du français en primaire qui sera étendu au lycée à partir de 2009.

Contacts et échanges

De nombreux établissements organisent des échanges scolaires avec des établissements français, deux au moins sont impliqués dans des projets Comenius. Au niveau local, chaque année des séminaires et des rencontres théâtrales (participation des lycées français AEFE de Turquie) favorisent les échanges.

Ressources à disposition des enseignants

Chaque établissement s’est doté de centres de ressources documentaires pour les enseignants qui disposent des structures identiques dans les centres culturels français.

A signaler

Ces établissements ont pour caractéristiques communes un enseignement renforcé du et en français et connaissent une difficulté récurrente de recrutement de professeurs natifs francophones de DNL ; (cf : réforme de la Micel ).

Les établissements bilingues et le Service de coopération de l'Ambassade de France sont actuellement très attentifs à la réforme en cours (2009/2013) des programmes et des grilles horaires de l'enseignement secondaire mis en oeuvre par le Ministère turc de l'éducation nationale. Le maintien de la spécificité de l'enseignement du et en français au sein de ces lycées est au coeur du dialogue permanent instauré entre les établissements et les autorités de tutelle.