À la lettre d'information
Aux flux RSSAncienne élève de la section bilingue de Sébastopol, j’aimerais partager mon expérience personnelle en espérant que ce témoignage servira à tous ceux qui s’intéressent au concept de l’éducation bilingue.
Il faut noter que lors de la recherche d’un emploi, la maîtrise de deux voire trois langues étrangères n’est plus vue comme un avantage concurrentiel absolu, mais plutôt comme un pré-requis minimal. Les habitants des pays avec plusieurs langues officielles sont bilingues ou trilingues en quelque sorte ‘par défaut’, dès la naissance. Les études dans une section bilingue avec un très haut niveau d’enseignement de la langue française, mais aussi de l’anglais et de l’allemand, garantissent aux élèves ukrainiens la maîtrise des langues européennes au niveau comparable à celui des lycéens européens qui considèrent ces langues comme maternelles.
En ce moment, je suis étudiante de l’Institut de l’Administration des Entreprises de Lyon et effectue une année d’études au Royaume-Uni en tant que participante du programme d’échange. Toutes les universités françaises possèdent des accords d’échange avec un réseau très développé d’établissements partenaires à travers le monde. La possibilité de passer une année d’études à l’étranger est ouverte à tout étudiant ayant une bonne scolarité et des connaissances suffisantes de la langue du pays de l’université d’accueil. Le départ à l’étranger est possible deux fois pendant le cursus. Le choix d’options est vraiment large. En plus d’être très apprécié par les employeurs, le fait d’avoir étudié dans trois pays différents prépare, par la découverte de la diversité, à une vie ouverte aux autres. En effet, dans les conditions de la mondialisation et de la construction européenne, l’internalisation de formation devient indispensable.
Dans la section bilingue, les standards supérieurs s’appliquent non seulement aux études des langues étrangères, mais à toutes les matières. Il est connu que les facultés des sciences économiques et de gestion en France sont très exigeantes par rapport au niveau en mathématiques de leurs étudiants. N’ayant jamais eu de cours supplémentaires de soutien scolaire et ne possédant que les connaissances en mathématiques obtenues dans la section bilingue, je n’ai pas eu plus de difficultés que les étudiants sortant des classes scientifiques lors de mes études en IUP Sciences de gestion. Je connais également des anciens élèves des sections bilingues qui sont les diplômés de l’INSA - une prestigieuse école d’ingénieurs à renommée internationale. Tout cela étant dit, je voudrais rassurer ceux qui envisagent une carrière au domaine des sciences exactes et se posent la question si les sections bilingues sont en mesure d’assurer leur préparation aux études scientifiques. Les sections bilingues peuvent ouvrir les portes d’une des meilleures écoles d’ingénieurs en Europe.
La quantité du travail individuel dans les universités françaises dépasse considérablement celle à laquelle on est habitué dans les universités ukrainiennes. Par conséquent, pas tous les étudiants étrangers trouvent rapidement une nouvelle façon d’organiser leurs révisions, ce qui entraîne les résultats des examens assez minables. Les sections bilingues se rendent compte de cette incohérence et se rapprochent le plus possible au modèle d’enseignement français (y compris grâce aux programmes d’échange avec les lycées en France) pour aider leurs élèves à éviter les mauvaises surprises.
Une particularité de l’enseignement supérieur en France qui pourrait paraître très attrayante aux jeunes Ukrainiens est sa flexibilité vis-à-vis des ambitions professionnelles des étudiants. Le cursus classique universitaire Licence-Maitrise-Doctorat n’est plus le seul parcours possible. Par exemple, le Master peut se faire en alternance (2 jours de cours, 3 jours en entreprise). Il est également possible de travailler à temps complet et se préparer individuellement au passage des examens professionnels.