À la lettre d'information
Aux flux RSSLorsque les premières sections bilingues ont été lancées au Portugal, de façon plus ou moins « clandestine » pour reprendre le terme de Françoise Tauzer-Sabatelli, Pierre Homerin était attaché de coopération pour le français à Porto. Il nous a paru intéressant de revenir avec lui un instant en arrière.
Après la troisième, la plupart des élèves portugais de l’école française privée Marius Latour de Porto entraient au lycée Garcia de Orta, où il n’était tenu aucun compte de leur parcours et de leur niveau en français. Ils étaient obligés de s’inscrire en LV1, ce qui posait des problèmes.
Pierre Homerin est donc allé à la rencontre du chef d’établissement de Garcia de Orta, Maria Gagliardini Graça, pour lui proposer de trouver une solution pour ces élèves. L’idée était au départ de regrouper ces élèves dans une même classe d’un même niveau, ce qui allait un peu à l’encontre du principe d’égalité qui prévalait alors au Portugal. L’Institut français de Porto s’engageait de son côté à fournir du matériel, des manuels d’un niveau supérieur notamment. Les relations entre les deux établissements se sont développées progressivement, le projet a été présenté aux familles de l’école française. Pendant toute cette période, le rôle du professeur principal a été déterminant. Petit à petit, les réticences ont ainsi été levées.
Il est apparu assez vite que faute de cadre législatif, il fallait pour aller de l’avant s’appuyer sur les responsables locaux. Ceux-ci ont participé en 2003 à un séminaire international sur l’enseignement bilingue qui s’est tenu à Sanxenxo en Espagne, ils ont pu également suivre une formation en France au CIEP. Le concept de section européenne devait émerger de cette façon.
Ce dispositif a fonctionné ainsi pendant un an. Des contacts ont été pris ensuite avec la direction régionale au Portugal. L’expérience a été reconduite l’année suivante. L’objectif était alors de faire la même chose pour l’anglais et l’allemand, le souci des autorités portugaises étant là encore de ne privilégier personne.
À la rentrée 2004, une section européenne a été officiellement ouverte pour les élèves de seconde et première. Pour le choix de la DNL, les mathématiques ont été préférées à l’histoire. Il se trouvait qu’un enseignant de cette discipline parlait français. |
Pierre Homerin
(Entretien réalisé le 20/10/08, à Sèvres)