À la lettre d'information
Aux flux RSSObjectifs et évaluation dans le dispositif DNL du Val d’Aoste
Par Anna-Maria Traversa, proviseur, Istituzione scolastica di istruzione classica e artistica, ISICA, Aosta.
Le sujet sera abordé selon le schéma suivant :
1- Introduction qui explicite la situation réelle du bilinguisme en Vallée d’Aoste, notamment au Lycée, école secondaire du deuxième degré ;
2- Spécificité unique en Vallée d’Aoste et en Italie du lycée classique à option bilingue ;
3- Objectifs et critères d’évaluation des disciplines non linguistiques, véhiculées en français pour 25/30 % du programme établi ;
4- Bilan de l’activité didactique
5- Perspectives selon la Réforme Gelmini, réforme adaptée par la Région Autonome du Val d’Aoste.
L’évaluation en section bilingue : l’exemple du Val d’Aoste, Italie, (témoignage d’un enseignant de DNL sur ses pratiques et ses doutes au quotidien).
Par Daria Pulz, professeur d’histoire et philosophie, Istituzione scolastica di istruzione classica e artistica, ISICA, Aosta.
Enseigner dans un contexte bilingue signifie participer à un jeu de perspectives très enrichissant et fécond dans sa complexité : deux langues, et donc deux contextes culturels et deux méthodes pédagogiques, se rencontrent au quotidien. La L2 devient instrumentale, elle se transforme en langue d’apprentissage grâce à la confrontation de modèles divers.
Le défi est fort et l’enseignant doit avoir pleine conscience des atouts et des difficultés de son travail. Souvent ces dernières cachent les horizons de rencontre et de dialogue offerts par la possibilité de raisonner dans les deux langues : cela arrive en particulier quand le poids donné à la précision grammaticale l’emporte sur les compétences communicatives. C’est pourtant la communication, et non la grammaire en elle-même, qui constitue la vraie compétence.
Le doute qui saisit le professeur est alors : comment tenir compte de la maîtrise de la langue de la part de l’élève par rapport à ses connaissances ?
Des critères d’évaluation ni figés ni coercitifs mais bien formulés et clairs doivent conduire la correction de manière à évaluer sans trop pénaliser et à encourager l’élève à avoir confiance dans ses capacités.
En particulier on veut lui offrir, à travers la richesse du contexte bilingue, la possibilité de se former une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine, pour laquelle l’utilisation spontanée de deux langues puisse devenir une occasion d’ouverture culturelle et de développement d’un esprit critique personnel.
Le but déclaré de l’enseignement de l’histoire et de la philosophie n’est pas en fait celui de créer des érudits, mais des citoyens pour lesquels il faut rendre intelligible notre monde actuel dans sa complexité.