À la lettre d'information
Aux flux RSSIvanka Sotirova, directrice du lycée Romain-Rolland de Stara Zagora, Vesselina Toteva, directrice du lycée Joliot-Curie de Varna, Radostina Gueorguieva, directrice du lycée Rakovski de Burgas et Galia Betcheva, directrice adjointe du lycée Lamartine de Sofia, abordent la question du recrutement des enseignants, évoquent les difficultés rencontrées par ces professeurs et donnent leur point de vue sur le regard des parents sur l'enseignement bilingue.
Dans les lycées à sections bilingues, les disciplines non-linguistiques (DNL) enseignées en français sont choisies en fonction des disponibilités du personnel. « La plupart des enseignants du lycée Romain-Rolland de Stara Zagora sont d’anciens élèves du lycée qui ont une formation universitaire dans la discipline enseignée. C’est la raison pour laquelle le choix des disciplines peut changer d’une année à l’autre », explique ainsi Ivanka Sotirova. Même constat au lycée Joliot-Curie de Varna : « le lycée propose un enseignement bilingue en français depuis sa création, en septembre 1958. Il est le premier lycée de Bulgarie dispensant un enseignement de et en français. Au départ ce sont des enseignants venus de France qui enseignaient les DNL. Actuellement, cet enseignement est assuré par d’anciens élèves de la section française du lycée ayant une formation universitaire dans la discipline enseignée (histoire, géographie, chimie ou biologie). »
Interrogés sur les difficultés rencontrées par les enseignants des sections bilingues dans leur établissement, les directeurs évoquent en premier lieu la lourdeur des programmes : « les enseignants sont confrontés au nombre insuffisant de cours pour les contenus scolaires qui sont les mêmes qu’en bulgare. Ils aimeraient pouvoir bénéficier soit d’un nombre plus important de cours, soit d’un allégement des programmes. » L’absence de certification1 constitue un autre motif de grogne : « les enseignants sont également confrontés au manque de certification pour l’enseignement bilingue, que ce soit pour les enseignants ou les apprenants, ce qui peut être très démotivant. »
L’inscription d’un élève dans une section bilingue résulte souvent davantage du choix des parents que de la volonté de l’adolescent. « Les parents d’élèves portent un regard très positif sur l’enseignement bilingue. La preuve : le nombre de candidats augmente chaque année et n’oublions pas qu’à cet âge, c’est-à-dire à 13 ou 14 ans, ce sont les parents qui font le choix de l’apprentissage d’une langue étrangère », explique ainsi Galia Betcheva. Les parents reconnaissent en effet plusieurs avantages à ce type d'enseignement : « les parents soutiennent l’enseignement de et en français car ils y voient une ouverture vers l’enseignement supérieur et une garantie de bons débouchés pour l’avenir », souligne Vesselina Toteva. Une mère d’élève ajoute : « la rencontre et la connaissance de la langue, de la culture et de la civilisation françaises favorisent la liberté de l’esprit. » |
(Propos recueillis pour le Billet du bilingue n° 41, mai 2008)
1. NDLR : En Bulgarie, les enseignants en section bilingue n’ont pas de reconnaissance institutionnelle. Les élèves de ces sections peuvent passer, dans certains établissements, le DELF* scolaire : les lycées Lamartine de Sofia, Joliot-Curie de Varna, Romain-Roland de Stara Zagora ainsi que le lycée Rakovski de Bourgas sont ainsi centres d’examen du DELF scolaire. Les élèves des classes de 10e, 11e et 12e de tous les lycées à profil de langue peuvent se présenter, sur conseil de leur professeur, aux examens B1* ou B2*, dans l’un des quatre centres, suivant leur région d’origine. En 2008 une matura* (un baccalauréat) a été créée. À ce stade, des épreuves spécifiques pour l’enseignement à profil, dont l’enseignement bilingue fait partie, ne sont pas prévues. Enfin, à l’issue de la 12e classe, les élèves reçoivent une attestation de fin d’études secondaires. Tous les enseignements suivis depuis leur entrée au lycée y sont mentionnés avec le volume horaire correspondant, mais sans aucune distinction pour les enseignements suivis en langue étrangère.